Office de Tourisme Pasquale Paoli

Chapelle San Quilicu

Cambia

San Quilico de Cambia est un des édifices incontournables de la Corse romane. De construction soignée, l’édifice présente un jeu de sculptures, parfois surprenantes, animant les quatre côtés extérieurs.
A l’intérieur, l’abside est ornée de fresques du 15e siècle, bel exemple de chapelle à fresques.

On découvre cette ravissante chapelle du début du 13e siècle par l’angle nord-est.
Un charme tout particulier émane de la couleur des blocs jaune clair, de la qualité de la construction, du jeu subtil d’arcatures courant sur l’édifice et de la variété des sculptures ornant les modillons.
La partie supérieure des murs est rythmée par un jeu d’arcs reposant sur des modillons tous décorés de motifs différents : têtes humaines (l’une d’elle tire la langue !), tête d’animaux, motifs géométriques, fleurs, personnage ailé, sirène à double queue ….
L’édifice repose sur un soubassement souligné par une moulure, compensant la déclivité du terrain très importante du côté ouest. Une autre moulure se retrouve sous les rampants du toit.
Terminant la nef unique, l’abside, recouverte de teghje, présente en plus une moulure en cordelière et une fenêtre meurtrière. Au centre du fronton est émerge un personnage masculin complètement nu, les mains sur les cuisses, faisant penser à celui d’Aregno. Sur le clocheton, des blocs sculptés, comme une petite tête, sont des pierres réemployées d’un édifice précédent.
Le côté sud, tout comme le côté nord, comporte deux fenêtres surmontées d’une archivolte en plein cintre. Les deux portes sont tout aussi soignées : gros blocs monolithes pour les piédroits, linteau mouluré et arc à trois claveaux.
Le décor du tympan diffère : sur la porte sud à l’arc décoré d’entrelacs, un homme, vêtu d’une tunique retenue par une ceinture, étrangle d’une main énergique un monstre-serpent gueule ouverte et de l’autre brandit un glaive.
Sur le tympan occidental, il s’agit de la tentation d’Eve en présence d’Adam : le serpent, enroulé autour de l’arbre tend la pomme à Eve qui s’apprête à la prendre. La thématique des deux tympans pourrait se répondre, d’un côté le pêché, de l’autre la victoire sur le mal.
Au-dessus de la porte, deux consoles en saillie sont, peut-être des vestiges d’un porche.
La nef unique a gardé sa charpente actuellement recouverte de tuiles ; les portes sont surmontées d’un arc à claveaux et sur le mur nord, une inscription fait probablement allusion à une réparation effectuée en 1596 ( IANO 1596 FU FATA LA PONTE E LAS….M ALISSANDRO CASANO FECIT).
L’abside est entièrement décorée de fresques du 15e siècle en partie masquée par l’autel baroque et sa structure en stuc.
Au centre, ce n’est pas le traditionnel Christ en majesté mais la Sainte Trinité : Dieu le Père tient devant lui le Christ en croix, une colombe au-dessus de la tête. Il est entouré de la lune, du soleil, d’anges et du tétramorphe, Luc et Marc à gauche, Jean et Mathieu à droite.
En dessous, les apôtres sont représentés de part et d’art de la Vierge, drapée dans un manteau vert et tenant l’Enfant Jésus. A gauche : Pierre avec ses clés, André, une croix sur l’épaule, Jean avec son évangile ; à droite, on reconnait entre autres : Paul avec l’épée, Jacques le Majeur, Philippe et Simon.
Deux apôtres, dont Barnabé, ont été relégués sur l’arc triomphal. Sur celui-ci, à gauche, Saint Michel terrasse le dragon d’un air très tendre tout en tenant la balance du jugement dernier. De l’autre côté, Sainte Julitte, d’une beauté tranquille, tient devant elle son fils de trois ans, Quilico, vêtu d’une robe rouge. Le visage n’est malheureusement pas conservé. Tous deux ont été martyrisés en 305.
Le style des fresques est émouvant car on y sent un mélange de technique et de maladresse qui donne aux personnages un aspect naïf et très humain (notamment Dieu le Père ressemblant à un bon vieillard). Une inscription est encore partiellement conservée. Orsolini y lit “…ariani fecit” Le nom de l’artiste est malheureusement incomplet. S’agit-il de Mariani ou Bariani (nom que l’on retrouve dans le village voisin de Carticasi) ? Le mystère reste entier et c’est dommage car, fait exceptionnel, nous aurions connu le nom de l’artiste !
Grande sœur de Santa Maria de Corsoli, San Quilico était sans doute une chapelle seigneuriale et sert encore le 15 juillet pour fêter Saint Cyr. Elle fut l’objet de plusieurs campagnes de restauration (en 1935, 1970, 1976 et dernièrement en 2009).

Visite : Clé à  demander à  la dernière maison du hameau avant la descente ou à  la mairie 04 95 48 42 48

Source : https://corse-romane.eu/cambia-quilico-y/


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