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Dans les pas du pénitent

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Dans les pas du pénitent

MORGANE QUILICHINI
Le catenacciu de Bisinchi a rassemblé hier soir des fidèles de toute la Corse. Le pénitent a effectué son chemin de croix lors d’une procession aussi sobre que le reste. / PHOTOS JEANNOT FILIPPI
Hier soir encore, le catenacciu de Bisinchi a rassemblé des fidèles de toute la Corse. Dans l’intimité du petit village, le pénitent a effectué son chemin de croix. Un moment d’apothéose dans le calendrier catholique

L’Incatenatu n’a pas tremblé, malgré le froid de la nuit, malgré les quarante kilos de la croix, malgré les fers à ses chevilles. Venu homme, il est sans doute reparti un peu plus que cela, au terme d’une heure de calvaire.

Les quatorze stations, pieds nus dans la terre et les graviers, ont été pour lui une forme de rédemption. Et pour les milliers de personnes qui chaque année se donnent rendez-vous là, un moment de communion. Le catenacciu de Bisinchi se déroule toujours dans la tradition la plus sobre, dénuée de tout apparat, de toute fioriture.

Chaque Vendredi saint, les maisons du village s’ouvrent et pendant les heures qui précèdent la procession, habitants et visiteurs peuvent passer d’un logis à l’autre pour déguster les beignets aux sept herbes. Francesca Desideri, originaire de Querciolu et auteure d’un livre sur les plantes et les savoirs populaires, partage ses talents. Un moment de rencontre où amis et inconnus sont tous les bienvenus.

Puis la nuit tombe et l’ambiance s’alourdit. L’église se remplit et il vaut mieux arriver tôt pour avoir une place à l’intérieur. Dans sa grande partie, la foule assistera à la cérémonie depuis l’extérieur. Le cortège s’ébranle, les confréries de l’Incatenatu et de Saint-Michel suivent le pénitent anonyme, entonnant les chants sacrés à chaque station.

Le Perdono mio Dio résonne dans l’air froid, se perd dans l’obscurité. A Bisinchi pour le catenacciu, on éteint les réverbères et on n’éclaire les strette qu’avec des flambeaux. La foule suit, silencieuse.

Puis c’est le retour sur la place de l’église, la crucifixion et l’érection de la grande croix. Le corps de l’Incatenatu est ensuite enveloppé dans un linceul et conduit devant l’autel.

La messe, donnée par le père Léon Pape et dédiée à la mémoire de l’abbé Mondoloni, disparu l’année dernière et qui, tant qu’il a pu, a gravi les quatorze stations aux côtés du porte-croix, est aussi sobre que le reste. Aussi solennelle.

Pour les fidèles, un moment d’apothéose dans le calendrier catholique. Pour les autres, un instant de communion et, l’espace d’un moment, l’occasion d’une introspection bienfaitrice.



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