Office de Tourisme Pasquale Paoli

Les fresques éclatantes de Saint-Michel de Castirla

Presses - //

Les fresques éclatantes de Saint-Michel de CastirlaLes fresques éclatantes de Saint-Michel de CastirlaLes fresques éclatantes de Saint-Michel de CastirlaLes fresques éclatantes de Saint-Michel de CastirlaLes fresques éclatantes de Saint-Michel de Castirla

Voir sur google Map

Les fresques éclatantes de Saint-Michel de Castirla

MORGANE QUILICHINI
Elizabeth Pardon a beaucoup étudié la magnifique fresque de la chapelle Saint-Michel.

Pour visiter la petite chapelle Saint-Michel, il faut d’abord se rendre au cimetière de Castirla. Là, dans la tranquillité des lieux, le bâtiment veille sur des tombes de toutes les époques.

De l’extérieur, il n’a rien d’ostentatoire. De plan classique pour une chapelle du roman, il est doté d’un clocheton, ajouté au XVIIIe siècle. "Geneviève Moracchini-Mazel estimait que la chapelle datait du XII e siècle", explique Elizabeth Pardon.

Organiste et animatrice du patrimoine, cette balanine organise des journées de visite des chapelles à fresque. Le livre de Joseph Orsolini sous le bras, c’est elle qui explique. Parce que le trésor de Saint-Michel, c’est à l’intérieur qu’il faut aller le chercher.

Derrière l’autel, sur le mur de l’abside en cul-de-four, une monumentale fresque dans la plus pure tradition du XVe siècle étale ses couleurs. Et Elizabeth Pardon de se lancer dans un cours d’iconographie : "Au centre l’on peut voir le Christ en majesté, comme dans toutes les chapelles à fresque. En dessous ont été représentés les apôtres. Certains sont reconnaissables au premier coup d’œil, comme Saint Barthélémy l’écorché, Pierre et Jean au centre, André avec sa croix ou Jacques avec son bourdon." Pour les autres, il faut parfois être doté de connaissances plus pointues. "Autour du Christ on retrouve le tétramorphe, c’est-à-dire les Évangélistes." Sur les côtés (dans les écoinçons), c’est une scène de l’Annonciation qui est peinte. Mêlant rôle pédagogique et portée symbolique, elle représente l’archange Gabriel avec une fleur de lys "symbole de pureté" et la Vierge "dont le manteau bleu a viré au vert car les couleurs se sont dégradées", tous deux présents "dans une pièce close par des tentures rouges qui représentent le ventre inviolé de Marie".

"Il pleuvait dans la chapelle"

Sur les deux piédroits sont enfin peints une Vierge à l’Enfant et Saint Michel à qui est consacrée la chapelle, malheureusement très dégradé, malgré les restaurations. "Une restauration doit toujours être réversible, explique encore Elizabeth Pardon, et aujourd’hui, on ne reproduit plus ce qui a été abîmé par le temps."

Et des restaurations, il y en eut plusieurs. D’abord au début des années 1960 alors que l’édifice menaçait ruine. La toiture, refaite dans les années 1980 n’a hélas pas résisté longtemps : "Au début des années 2000, poursuit la guide, je suis passée en visite. Un ami architecte présent a repéré de la mérule dans la charpente."

"Quand j’ai été élu en 2001, abonde Jacques-André Tomasini, maire de Castirla, il pleuvait dans la chapelle et la fresque était dans un état lamentable. Quelque temps plus tard, la CTC a lancé une campagne de restauration. Des fouilles ont été réalisées avant de commencer les travaux et quelques ossements ont été découverts, notamment ceux d’un prêtre de l’époque." Malgré cette campagne, le chantier n’est pas lancé et le premier magistrat est contraint de hausser le ton pour que les choses se débloquent. La charpente est refaite et la fresque, sauvée de la disparition.

Désormais, Saint-Michel se visite et on y célèbre la messe des morts chaque année.

Elizabeth Pardon conclut : "Il faut dire, et redire, que le patrimoine est l’affaire de tout le monde. Il faut que les gens se l’approprient et qu’ils n’attendent pas toujours que les solutions viennent d’en haut. Tout le monde doit se sentir impliqué, à commencer par les plus jeunes."

Un personnage de premier ordre

Jacques-André Tomasini le maire, a œuvré pour sauvé le bâtiment et sa fresque de la ruine.
Le Christ en majesté est typique des fresques du XVe.
Le petit édifice veille sur le cimetière du village. De plan simple, il est flanqué d’un clocheton ajouté au XVIIIe siècle. On y célèbre la messe des morts chaque année.

Au cœur du christianisme, Saint Michel - dont le nom signifie "Qui est comme Dieu ?" - n’est pas n’importe qui. Il est l’un des sept archanges majeurs, chef des anges du Bien. Dans l’Ancien Testament, il conduit la famille de Noé et arrête Abraham qui s’apprête à sacrifier son fils. Il apparaît notamment au moment de l’Apocalypse. C’est là que, représenté en chevalier ailé, il terrasse Satan. On le reconnaît aussi dans l’iconographie grâce à la balance (un autre de ses attributs) qu’il utilise pour la pesée des âmes. Il reste quelques fragments peints de cet objet dans la chapelle de Castirla. Saint Michel est aussi l’ange tutélaire de la France, comme en témoigne la grandeur de l’abbaye du Mont Saint-Michel.



Presses

Mentions légales | Plan du site | © 2019 - Tous droits réservés

Conception Agence RSK & Agence Addicte