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La perspective des cimes pour les forêts communales corses

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La perspective des cimes pour les forêts communales corses

MARC-ANGE INGRAND
Les membres du CA de l'UR Cofor se sont réunis à Sant-Andria Di Boziu, avec la présence de Marlène Fleury, secrétaire de l'entité.
A Sant’Andria di u Boziu, l’union régionale des communes forestières a tenu son premier conseil d’administration. Le président de l’entité a insisté sur l’inaction des politiques qui met en grand danger la filière bois

Au terme de la réunion qui s’est déroulée dans les locaux de la mairie, Frédéric Orsini, premier magistrat et président de l’union régionale des communes forestières de Corse (UR Cofor), n’a pas caché son amertume face au manque de considération envers la filière bois : "Notre union regroupe les entités de Corse-du-Sud et de Haute-Corse. Son but est d’exprimer une vision globale et de créer une synergie dans les programmes et les actions entreprises. Cette création porte également l’espoir d’être mieux écouté par les responsables politiques car séparément, nous avons été ignorés. Les Cofor 2A et 2B ont été reçues le 19 juin dernier par l’élu territorial en charge des forêts et pour éviter de nouveaux bavardages inutiles, nous lui avions remis les comptes rendus des réunions et ateliers qui n’avaient pas fait avancer la filière. Malgré la promesse d’une nouvelle rencontre, nous n’avons pas obtenu de retour. Par courrier en date du 30 juillet 2018, nous avons donc demandé audience au président du Conseil exécutif. Une sollicitation restée lettre morte que nous avons reformulée le 29 octobre. En vain. Le 8 février, nous avons ainsi tenté une énième approche de l’Exécutif en adjoignant tous les documents mais le silence radio a perduré. C’est un problème, car les Cofor ont des comptes à rendre à la centaine de maires qu'elles représentent ainsi que des responsabilités vis-à-vis des 100 000 hectares de forêts concernés, autant qu'envers les exploitants. Cette absence de considération aggrave la situation de la filière qui décline au point d’être actuellement exsangue. Seule la part bois-énergie progresse grâce à la mise en place, par les Cofor 2A et 2B, d’un animateur."

La forêt, essence de la vie et de l’économie

Un sombre constat auquel s’ajouterait l’incohérence économique de la loi du marché.

"Si la demande bois de Corse est importante, l’offre est inexistante. Ni les professionnels ni les particuliers ne trouvent à se fournir en bois insulaire qui satisfasse aux normes exigées. En deux décennies, le nombre de scieries est passé de vingt à une poignée d’entreprises correctement équipées. Dans le même temps, la matière première, pourtant importante, est devenue quasi inaccessible. Il faut agir sur ces deux axes avec des moyens financiers capables d’encourager les porteurs de projets d’installation de scieries. Simultanément, la remise en état des accès existants et l’ouverture de nouvelles pistes favoriseront l’accessibilité à la ressource. Cet entretien des espaces naturels est d’autant plus indispensable qu’avec le réchauffement climatique, le risque d’incendie augmente comme nous l’avons malheureusement encore constaté dernièrement. Ces ouvrages et une exploitation raisonnée renforceront indéniablement la protection de nos forêts."

Investissements pour retours productifs

Si Freddy Orsini est lucide sur la quotité des moyens financiers à engager, il préfère opposer le raisonnement du retour sur investissements : "La certification bois de Corse, qui est en train d’être actée par l’Odarc, constitue un atout indéniable. Mais il faut savoir ce qui est vraiment voulu car des centaines d’emplois peuvent être créées. Pourtant, la Corse continue d’importer du bois pour 29 millions d’euros par an. Pour sécuriser ces investissements et garantir un résultat final probant, une étude de marché doit forcément être réalisée. C'est d'ailleurs dans cette perspective que nous avons déjà contacté le groupement conseil et stratégie durable Cyme innovations/Forestry club de France qui possède une expérience avérée, notamment auprès du ministère de l’Agriculture. Sa maîtrise des spécificités de la filière bois en France et en Europe constitue une plus-va-lue certaine. Ce regard extérieur neuf et exempt d’éventuelles pressions locales apparaît de fait pertinent et réaliste. La forêt corse, et sa filière bois en particulier, représente un atout exceptionnel pour notre île et nos territoires. Ne pas l’exploiter serait impardonnable."

Les engagements vis-à-vis de l’Odarc

L’Union régionale Cofor insulaire s’engage auprès de l’Office de développement agricole et rural de la Corse à mettre en œuvre les quatre orientations suivantes :

- Représenter, fédérer et soutenir la filière forêt-bois Corse.

- Valoriser les forêts communales et les espaces boisés pour alimenter la filière bois Corse.

- Placer la forêt au cœur du développement durable.

- Animer et réaliser des actions ainsi qu’évaluer la convention Odarc-UR Cofor.



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