Office de Tourisme Pasquale Paoli

Un guide pour transformer le tourisme

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AUDREY CHAUVET  / PHOTO D'ILLUSTRATION LA PROVENCE 

Pascale Tourrenc et Gilles Vandernoot, fondateurs du Centre d'écotourisme de Cervione, ont rédigé un guide de l'éco-hébergement pour inciter les acteurs du tourisme à passer au vert

Une petite pancarte en bois indique "U paeso-lu di a suvera a u ven-tu" en contrebas de la route. D'abord invisibles, les maisonnettes se dévoilent peu à peu, en bas d'une allée dont le gravier a été remplacé par des coques de noisettes. C'est là, à quelques centaines de mètres du village de Cervione, que Pascale Tourrenc et Gilles Vandernoot ont ouvert il y a dix ans le Centre d'écotourisme, une structure qui accueille les touristes d'avril à novembre mais également des stages et formations sur l'écologie. Leur expérience en matière de construction durable, de réduction de l'empreinte écologique des bâtiments, de traitement naturel des eaux usées, se trouve aujourd'hui compilée dans un guide, commandé par le Groupe d'action locale (Gal) de Corse orientale. "C'est un outil destiné aux professionnels du tourisme mais tout le monde peut l'utiliser", indique Pascale Tourrenc, ancienne conseillère pédagogique sur l'éducation à l'environnement.

Un peu plus de 100 pages qui proposent un panorama complet des techniques et concepts de l'écotourisme : économiser l'eau, mettre en place le tri des déchets et le compost, utiliser des nettoyants écologiques, favoriser les équipements électroménagers économes en énergie... Une mine d'idées, expliquées avec pédagogie et précision, qui intéresse déjà des structures touristiques plus ou moins importantes : "Nous avons notamment été contactés par le village de vacances Riva Bella, à Linguizzetta, pour la rénovation de leur parc de logements avec des matériaux écologiques", poursuit Pascale Tourrenc.

Fabriquer sa propre peinture, utiliser des matériaux naturels comme le liège pour isoler les murs, créer une climatisation naturelle grâce à un écran végétal... Il faut un peu de temps, de technique et de budget, mais les résultats sont probants : "Souvent, c'est le coût d'une installation écologique qui fait peur, mais à long terme, on est toujours gagnant, assure Pascale Tourrenc. Par exemple, les appareils électroménagers basse consommation sont plus chers à l'achat que les appareils classiques mais consomment 40% d'électricité en moins." Et même les détails sont importants : "Les ustensiles de cuisine mis à disposition dans les gîtes sont souvent très vite usés. Plutôt que d'en jeter des dizaines par an, on peut s'équiper en ustensiles en fonte, en fer, en inox, en verre...", ajoute Pascale Tourrenc.

Le guide, mis à disposition des professionnels par la communauté de communes du Fium'Orbu, arrive à point nommé pour les acteurs du tourisme qui souhaitent faire des économies d'énergie, attirer une clientèle sensible à l'écologie et préserver la beauté des paysages qui font l'attrait touristique de la Corse. Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance : "On nous a traités de doux rêveurs, on nous a dit que ce n'était pas ce que les touristes voulaient", se souvient Gilles Vandernoot, géographe de formation et docteur en urbanisme. Pourtant, il reste convaincu que l'avenir du tourisme se trouve dans la préservation de l'environnement et les rencontres humaines : "Nous emmenons nos hôtes rencontrer des bergers ou des distillateurs d'huiles essentielles, et nous en profitons pour leur donner un coup de main. Quand on part en randonnée, on entretient le sentier, on nettoie les fontaines... On ne fait pas un tourisme de location mais d'accueil et de transmission sur l'histoire locale, la vie du territoire, l'écologie", explique Gilles Vandernoot. Une dimension humaine capitale dans l'écotourisme selon lui : "Nous ne devons pas nous adapter à la demande mais proposer une forme de tourisme compatible avec le territoire sur la durée".

Face au tourisme de masse, l'écotourisme pourrait être une alternative qui redynamiserait tout le territoire et pas seulement le littoral. "L'écotourisme fait partie d'un éco-développement de la région. La pression foncière s'accentue partout et il est urgent de préserver les paysages corses", estime Gilles Vandernoot. Une urgence très concrète pour le Centre d'écoutourisme de Cervione qui devrait bientôt voir un immeuble de trois étages s'ériger entre les gîtes, une chapelle romane du Xe siècle et l'élevage de brebis voisin. "On continuera, parce qu'on est fiers de faire ce travail et qu'on veut léguer un bel exemple aux prochaines générations", assurent Pascale et Gilles.

Le guide est en téléchargement gratuit sur www.ccfiumorbucastellu.corsica

Pascale Tourrenc et Gilles Vandernoot ont ouvert il y a dix ans le Centre d'écotourisme.



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