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A Cambia, les mystèrieuses chapelles jumelle

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Rien ne semble classique quand on observe San Chirgu et Santa Maria. Et depuis longtemps, archéologues et curieux se cassent la tête sur les particularités de ces deux petits édifices plantés dans l'ombre du San Petrone, sur la commune de Cambia.

Identiques, les deux chapelles sont séparées par une quinzaine de minutes de marche, et si San Chirgu a bénéficié d'un programme de restauration qui lui a rendu son éclat originel, Santa Maria affiche le front plus austère du roman du XIIIe siècle. La légende veut qu'elles aient été construites par un père et son fils et que, grâce à la proximité des deux chantiers, le plus expérimenté ait pu conseiller le plus novice, rien qu'au bruit que faisaient ses outils. Geneviève Moracchini-Mazel confirmait pour sa part qu'elles avaient certainement été bâties en même temps.

San Chirgu (San Quilico) a été classée aux Monuments historiques le 15 juin 1976. Dans son écrin de verdure, en contrebas du hameau qui porte son nom, elle veille sur un minuscule cimetière où dorment des tombes parfois centenaires.Ses murs extérieurs méritent à eux seuls que l'on s'y aventure, façonnés de blocs de schiste ocre parfaitement taillés et soigneusement choisis.

Le rythme des arcatures de la façade dénote également d'une volonté de bien faire et de donner le plus de majesté possible au petit édifice. Le spectacle continue à l'intérieur. "Toutes les peintures ont été restaurées en 2009, explique Nicolas Saliceti, le maire de Cambia. À l'époque, il y en avait eu pour 60 000€. Le menuisier Jean-Philippe Catoni avait été chargé de refaire à l'identique l'ancien autel en bois."

Mais sous la charpente apparente, au bout de l'unique nef, ce qui frappe, c'est la fresque datée du XVe siècle, représentant Dieu le Père tendant le Christ en Croix. Entouré de la lune, du soleil, d'anges et du tétramorphe, flanqué des quatre évangélistes et surmontant les apôtres entourant la Vierge. Le tout réalisé dans une vive polychromie qui n'a rien à envier à d'autres monuments du clergé, bien plus majestueux.

Toujours l'objet d'interrogations

Le fait que San Chirgu soit autant décorée tandis que Santa Maria est parfaitement nue, demeure en soi un mystère. Mais Santa Marie possède quelque chose que sa soeur n'a pas : le seul autel roman encore en place conservé sur l'ensemble de la Corse ; un objet très simple fait de quatre dalles formant un coffrage ouvert du côté de l'abside.

De son côté, San Chirgu est ornée sur chacune de ses façades de modillons (que l'on ne retrouve pas sur Santa Marie), représentant des symboles abstraits ou figuratifs, parfois très éloignés de l'iconographie chrétienne à laquelle on pourrait s'attendre.

Les deux portes sont également surmontées de larges linteaux sculptés, l'un représentant Adam, Eve et le serpent tentateur, l'autre un personnage terrassant une sorte de serpent. S'agit-il de motifs se répondant ? La tentation d'un côté, la victoire contre le Mal de l'autre ?

Aujourd'hui, les petites chapelles jumelles sont toujours l'objet de nombreuses interrogations. Les siècles qui sont passés n'ont malgré tout pas encore totalement altéré leur charme, même si San Quilicu est en meilleur état : "Les habitants du hameau et de Loriani sont attachés à leur chapelle, souligne le maire. Ils s'en préoccupent, comme le faisait en son temps le regretté Carlinu."

Chaque été, le 15 juillet, les habitants se retrouvent autour de la chapelle pour célébrer San Chirgu.



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